La révolution de salon
- psyconstellations

- 10 janv.
- 2 min de lecture
Je suis bien au chaud, regardé la neige tomber en sécurité, et je pense à ces jeunes femmes et jeunes hommes d’Iran qui se battent pour leur survie, pour leur liberté.
Pendant ce temps, en France, certains politiciens aiment se dire « révolutionnaires ». Cela me fait sourire, parfois même vomir. Leurs ridicule chef de guerre à gauche toute..... Quels risques ont-ils vraiment pris ? Ont-ils un jour mis leur vie en jeu ? Ces faux révolutionnaires vivent confortablement, payés par les impôts du peuple, tout en excitant la colère d’une foule naïve qui nourrit leur égo démesuré.
Je repense à ce jour de decembre 1989, en Roumanie. La révolution contre Ceaușescu. J’étais enfant, en sécurité à la campagne chez mes grands-parents. Mais ma mère, elle, était à Arad, face aux chars, au cœur du danger. Elle me raconte souvent ces moments : ou les handicapés en fauteuil roulant voulaient se mettre en première ligne, prêts à affronter la mort. Et cette jeune fille, courageuse, qui a déposé des fleurs dans le canon d’un char. C’est là que tout a basculé. Les soldats ont tourné leurs armes, non plus vers le peuple, mais vers le symbole du pouvoir.

Plus de quarante ans de dictature, c’est difficile à comprendre pour ceux qui ont toujours vécu libres.
Quand penser, voyager, lire devient un privilège, on apprend la valeur de chaque souffle libre.
Que ce soit en Iran ou au Venezuela, c’est la même flamme qui brûle dans le cœur de ceux qui refusent de se soumettre : celle de la liberté.
Nous, les enfants des dictatures, voyons le monde différemment. Ce que d’autres appellent « petits signes », nous savons reconnaître comme des prémices de contrôle : une chaîne de télévision qu’on ferme, une presse qu’on tente d’étiqueter, des mots qu’on surveille.
Je ne souhaite pas à la France de connaître la dictature. Mais parfois, je me demande si ce n'est pas la seule chose qui pourrait lui faire mesurer la valeur de sa liberté, de sa langue, de sa culture. L’être humain est ainsi fait : il comprend ce qu’il perd seulement quand il est trop tard.
Aujourd’hui, mes pensées et prières vont vers les Iraniens, vers les Vénézuéliens, vers tous ceux qui ont soif de liberté. J’espère qu’ils retrouveront leurs racines, leur dignité, leur culture.
Moi, si je retourne dans mon village natal en Roumanie, je ne retrouve plus rien : la maison est vide, la famille dort au cimetière, seules les araignées ont élu domicile. Mes racines sont désormais greffées ici, en France, mon pays d’adoption adoré.
Mais une question me hante parfois : si un jour il fallait fuir à nouveau… où irions-nous ?




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