top of page
Logo Dynamiques Humaines annecy, Csilla Nicot
Rechercher

Et si votre besoin de réussir était aussi une revanche ?



Longtemps, j’ai cru que je voulais simplement réussir.

Faire ma vie. Construire. Avancer. Prouver que j’étais capable.

Et puis, un jour, en creusant un peu, j’ai découvert quelque chose derrière cette envie de réussite. Quelque chose de plus ancien. De plus intime aussi.

J’ai vu mon père.

Pas vraiment lui.

Plutôt son absence.

Le rejet. L’abandon. Cette place vide laissée derrière lui.

Et derrière mon besoin de reconnaissance, j’ai entendu une petite voix :

« Regarde. Regarde ce que tu as raté. Ta fille a réussi, et toi, tu t’en es privé. »

C’était comme une leçon que je voulais lui donner à distance, sans même qu’il le sache.

Une revanche silencieuse.

Quand réussir devient un message adressé à quelqu’un d’autre

C’est troublant de regarder ses propres motivations avec honnêteté.

Parce qu’on peut sincèrement avoir envie de réussir… et découvrir qu’une partie de cette réussite est encore adressée à quelqu’un.

À un parent absent.

À quelqu’un qui nous a rejeté.

À une personne qui nous a humilié, critiqué ou fait sentir que nous n’étions pas à la hauteur.

Alors, parfois, on ne réussit pas uniquement pour soi.

On réussit contre quelqu’un.

Ou malgré quelqu’un.

Ou encore pour lui montrer.

« Tu vois ce que je suis devenue ? »

« Tu vois ce que j’ai accompli ? »

« Tu pensais que je n’y arriverais pas ? Regarde-moi maintenant. »

Et tant qu’on fonctionne ainsi, quelque chose du lien reste actif.

Le parent peut être absent depuis des années. La personne peut ne plus faire partie de notre vie. Elle peut même ne rien savoir de ce que nous sommes devenus.

Pourtant, le lien n’a pas forcément disparu.

Il s’est déplacé.

Dans nos ambitions.

Dans nos efforts.

Dans notre besoin de prouver.

Dans cette envie parfois irrépressible d’être enfin reconnu.

La revanche tourne parfois dans le vide

C’est peut-être l’une des choses les plus difficiles à reconnaître.

La personne à qui nous voulons prouver notre valeur ne verra peut-être jamais notre réussite.

Elle ne saura peut-être jamais ce que nous avons accompli.

Et même si elle le voyait, est-ce que cela réparerait réellement ce qui s’est passé ?

Est-ce que sa reconnaissance pourrait effacer l’absence ?

Est-ce qu’un regard admiratif pourrait réparer des années de rejet ?

La revanche peut alors tourner dans le vide.

Nous pouvons passer des années à construire quelque chose en imaginant le jour où l’autre le verra.

Mais pendant ce temps, nous restons encore tournés vers lui.

Nous continuons à lui parler dans notre tête.

Et peut-être qu’une question mérite alors d’être posée :

À qui est-ce que je suis réellement en train de parler lorsque je cherche à réussir ?

Quand la blessure finit par saboter ce qu’elle cherche à prouver

C’est ce qui m’a le plus frappée en réfléchissant à cette mécanique.

La revanche naît d’une souffrance.

Elle peut donner une énergie considérable.

Elle peut nous pousser à travailler davantage, à nous dépasser, à vouloir aller plus loin.

Mais elle peut aussi nous empêcher de construire sereinement.

Parce que pour construire quelque chose de solide, il faut pouvoir s’ancrer.

Avancer progressivement.

Accepter le temps nécessaire.

Faire des choix qui nous ressemblent.

Or, lorsque notre réussite devient une réponse à une blessure, nous pouvons être tentés d’aller vite.

De prouver.

De montrer.

De chercher constamment la prochaine validation.

Comme si nous devions enfin obtenir cette preuve qui viendrait confirmer notre valeur.

Et cette urgence peut finir par nous éloigner de nous-mêmes.

La revanche promet de nous libérer d’un manque, mais elle peut aussi nous maintenir prisonnier de ce même manque.

Le parent absent n’est pas le seul visage de cette revanche

En y réfléchissant davantage, j’ai compris que cette dynamique ne concernait pas uniquement mon père. Elle pouvait aussi concerner toutes les personnes devant lesquelles je m’étais sentie petite.

Celles qui m’avaient critiquée.

Humiliée.

Harcelée.

Jugée.

Celles devant lesquelles je n’avais pas pu me défendre, ou pas su le faire.

Et parfois, une pensée semble rester quelque part en nous :

« Un jour, ma réussite parlera pour moi. »

Un jour, ils verront.

Un jour, ils comprendront.

Un jour, ils regretteront peut-être.

La réussite devient alors une sorte de réponse différée.

Une manière de rendre, des années plus tard, une gifle que nous n’avions pas pu rendre au moment où nous l’avions reçue.

Mais là encore, quelque chose ne fonctionne pas.

Parce que ces personnes ne verront peut-être jamais notre réussite.

Et même si elles la voyaient, cela ne changerait pas ce que nous avons vécu.

La question devient alors :

Combien de temps voulons-nous encore consacrer à leur prouver quelque chose ?

Mais au fond, qu’est-ce que « réussir » ?

Peut-être faut-il commencer par là.

Qu’est-ce que réussir ?

On utilise ce mot comme s’il avait une définition universelle.

Pour certains, réussir signifie gagner beaucoup d’argent.

Pour d’autres, avoir un statut, une carrière, une maison, une famille.

Pour certains encore, réussir signifie être reconnu, admiré ou avoir une place importante dans la société.

Et puis il y a ceux pour qui réussir signifie simplement avoir réussi à tenir debout après ce qu’ils ont traversé.

Il n’existe probablement pas une seule définition de la réussite.

Il existe nos propres définitions.

Et c’est justement là que quelque chose peut changer.

Pour moi, réussir est devenu progressivement synonyme de liberté.

Être libre d’être moi-même.

Ne plus avoir à jouer un rôle pour être acceptée.

Ne plus construire une image destinée à convaincre quelqu’un de ma valeur.

Ne plus filtrer qui je suis en fonction du regard que l’autre pourrait porter sur moi.

Et surtout, ne plus avoir besoin d’un spectateur pour que ma vie ait de la valeur.

Et si la vraie réussite était de ne plus avoir besoin qu’ils regardent ?

Il y a une différence immense entre :

« Je vais réussir pour qu’ils voient. »

et

« Je vais construire la vie qui me ressemble, même s’ils ne la voient jamais. »

Dans le premier cas, notre réussite reste liée à leur regard. Même lorsque nous voulons leur donner tort, nous restons paradoxalement dépendants d’eux.

Dans le second, quelque chose se déplace.

Nous reprenons notre histoire.

Notre énergie.

Notre définition de la réussite.

Nous n’avons plus besoin que l’autre reconnaisse notre valeur pour que celle-ci existe.

La réussite n’est plus une démonstration. Elle devient un chemin.

Ne pas éteindre l’envie de réussir, mais la libérer

Je crois aujourd’hui qu’il serait dommage de considérer le besoin de reconnaissance uniquement comme quelque chose de négatif.

Nous pouvons avoir profondément envie de réussir.

Envie de créer.

Envie d’accomplir.

Envie de grandir.

Envie de transmettre.

Ce désir peut être parfaitement sain.

Il ne vient pas nécessairement d’une blessure.

Il peut exister indépendamment d’elle.

La difficulté apparaît lorsque l’élan de réussite et la blessure se mélangent.

Lorsque notre désir de construire devient une manière de réparer notre passé.

Lorsque notre ambition se met au service d’une vieille revanche.

Le travail n’est alors pas forcément de renoncer à l’ambition.

Il peut plutôt consister à démêler l’envie de réussir de la nécessité de prouver.

À laisser notre désir d’avancer devenir quelque chose qui nous appartient vraiment.

De « regarde-moi » à « regarde ce que je construis »

Je ne cherche plus à donner une leçon à mon père.

Je cherche à me donner, à moi, un espace dans lequel avancer sans avoir besoin qu’il regarde. C’est un déplacement discret.

Mais il change beaucoup de choses.

On passe d’une vie tournée vers un regard absent…

à une vie tournée vers ce que l’on souhaite réellement construire.

Et peut-être que c’est cela, finalement, la liberté :

ne plus avoir besoin que ceux qui nous ont blessés assistent à notre réussite pour qu’elle ait du sens.

Ma réussite n’a plus besoin d’être une victoire contre quelqu’un.

Elle peut devenir une victoire pour moi.

Et peut-être même, avec le temps, une source d’aide et d’inspiration pour quelqu’un d’autre. Parce que ce que j’ai traversé n’a pas besoin de rester uniquement une histoire personnelle.

Ce que nous transformons en nous peut aussi devenir une main tendue vers les autres.

Et vous, pour qui réussissez-vous ?

Cette question peut être inconfortable.

Mais elle mérite parfois d’être posée.

Si personne ne pouvait voir ce que vous allez accomplir, qu’auriez-vous encore envie de construire ?

Si votre père, votre mère, votre ancien partenaire, vos anciens camarades, ceux qui vous ont jugé ou humilié ne le savaient jamais… que choisiriez-vous quand même de faire ?

La réponse peut être éclairante.

Parce qu’elle permet parfois de distinguer ce qui vient de notre désir profond…

de ce qui appartient encore à notre besoin d’être reconnu.

Et peut-être que la véritable liberté commence précisément là :

quand nous n’avons plus besoin qu’ils regardent.

 
 
 

Commentaires


Si un traumatisme peut être transmis de génération en génération,
il en va de même pour votre guérison !
Psychogénéalogie - Constellations Systémiques
Thérapie Familiale- Histoires de Naissance
Particuliers & Professionnels
ANNECY - GENÈVE
23 route du Périmètre 
74960 ANNECY
Tél : +33 650 32 05 18 
Email : psy.constellations@gmail.com
Vous êtes le (la) bienvenu(e) pour un premier rendez-vous d'informations !
30 minutes gratuit au téléphone 

CONTACT

  • Instagram
  • Facebook
  • LinkedIn
bottom of page